Dada Masilo: Une Giselle insoumise et résolument actuelle

Dada Masilo: Une Giselle insoumise et résolument actuelle

Photo © John Hogg. Interprètes Thami Tshabalala, Dada Masilo, Tshepo Zasekhaya, Thabani Ntuli, Ipeleng Merafe, Zandile Constable, Khaya Ndlovu.

La danseuse et chorégraphe sud-africaine Dada Masilo à Montréal fin septembre pour donner le coup d’envoi de la saison 2018/2019 de Danse Danse avec son spectacle Giselle. Une première canadienne. 

Elle a à peine 30 ans et déjà ses productions font le tour des plus grandes salles du monde. Originaire de Johannesbourg (Afrique du Sud), la fulgurante Dada Masilo est réputée pour ses relectures galvanisantes des ballets classiques. Après un Swan Lake acclamé à Danse Danse en 2016, c’est Giselle, monument du répertoire romantique, que la chorégraphe fait à sa main. Faisant fi des conventions, l’artiste revisite de bout en bout le célèbre ballet à partir d’un vocabulaire contemporain teinté de sa culture. Énergique, incandescent et remarquablement moderne.

Avec une douzaine de pièces à son actif, la danseuse et chorégraphe Dada Masilo se joue des stéréotypes et plonge dans ses racines sud-africaines afin de conférer au ballet Giselle une actualité et une force de frappe inégalées. Outre les éblouissants danseurs, des concepteurs chevronnés l’entourent. Une œuvre visuelle signée par l’artiste de renom William Kentridge ainsi qu’une musique originale de Philippe Miller – jumelant voix, percussions, harpe et violoncelle – habitent la scène. Irrévérencieux, énergique et d’une grâce insoumise, ce Giselle se conjugue résolument au présent.

Convertir la résignation en rage, la pointe en coup de pied

Intense, la trame originale de Giselle met en scène l’idylle torturée d’une jeune fille qui sombre dans la folie et meurt d’avoir été trahie par l’homme qu’elle aimait. À l’issue d’une métamorphose spectaculaire, cette dernière rejoint les terrifiantes Wilis, spectres de fiancées mortes avant de s’être mariées. Leur cercle lugubre et impitoyable erre la nuit dans la forêt cherchant vengeance. Giselle s’efforcera de protéger son amant des Wilis qui le condamneront finalement à danser jusqu’à épuisement.

De cette histoire d’amour fiévreux, de trahison et de désespoir, Dada Masilo fait une relecture féministe, tout en se penchant directement sur les tourments et la violence du monde actuel. La Giselle qu’elle incarne elle-même sur scène est bien loin de la figure souffrante des interprétations classiques. Avec des mouvements assurés et fluides, fusionnant les vocabulaires de la danse africaine, contemporaine et classique, Masilo dit la puissance et l’affirmation. Giselle, ici, se redresse. Elle ne pardonne pas !

(Source : communiqué de presse)

Posted on: 5 septembre 2018La rédaction

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