Entretien avec Mariame Dembele, auteure du livre A la Carte

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Manager dans une brasserie de luxe parisienne, Mariame Dembele nous présente son premier livre “A la Carte” sorti fin 2015 aux éditions Michalons.

 

Manager dans une brasserie de luxe parisienne, Mariame Dembele nous présente son premier livre “A la Carte” sorti fin 2015 aux éditions Michalons.

Biloa Magazine : Pouvez- vous vous présenter?

Mariame Dembele : Je m’appelle Mariame Dembele, j’ai 31 ans et je viens de publier mon premier livre aux éditions Michalon. Je suis actuellement manager dans une brasserie de luxe à Paris. J’aime la littérature historique, mes livres de chevet sont « Jubilee » de Maraget Walket et « l’histoire des prophètes » d’Ibn Kathîr que je recommande à tous. J’apprécie particulièrement ce qui pourrait m’aider à avancer dans mon cheminement personnel (oui je peux aussi me poser des questions sérieuses).

Pour les curieux, j’ai fait des études de commerce, un peu de littérature (ne dîtes pas que ce fut de la littérature anglo-saxone en V.O). « Pardon monsieur ? Non, non i don’t speak English …»

Comment avez-vous démarré votre carrière dans la restauration de luxe ?  Est-ce par passion ou une opportunité d’emploi que vous avez saisie ?

Un flash back s’impose ! En mai 2007…. J’ai rêvé de découvrir certains endroits du monde et pour vivre j’ai découvert un métier que je qualifiais « d’alimentaire ». De retour en France j’ai poursuivi dans cette branche que j’avais fort appréciée. Je ne connaissais pas spécialement les brasseries de luxe, j’aimais simplement le secteur de la restauration étant passée par tous les « petits » postes. La vie a fait qu’un jour je me suis retrouvée dans une brasserie de luxe, le début d’un long et étonnant voyage…

Cela fait 10 ans que vous évoluez dans ce secteur, vous êtes passée de serveuse à manager, qu’est ce qui vous plaît dans votre métier?

Effectivement, cela fait une dizaine d’années que je bosse dans la restauration. Je suis passée de serveuse à manager avec de la volonté et beaucoup de sourires (rires). Ma place de serveuse me convenait parfaitement, j’aimais cette proximité et non pas promiscuité avec le client. J’aime beaucoup l’idée d’aller rejoindre une bande de potes tous les matins ! La restauration est un secteur très étonnant car on n’a pas l’impression de travailler et c’est aussi pour cette raison que l’on y reste si longtemps ! On ne bosse pas en fait, on s’amuse, on rigole. C’est très étonnant de recevoir son salaire et se demander ce qu’on a fait pour l‘obtenir ! Pas grand chose à vrai dire ! A part avoir vacillé de tables en tables, amusé la galerie (rires) et écouté quelques réflexions déplacées… Rire et de et avec le clients est une expérience à vivre que je recommande à tous ! Beau métier n’est-ce pas ?

Pouvez-vous nous racontez une de vos journées-type? 

Une journée type ? Je vais plutôt me permettre de vous raconter une matinée-type. Donc « je me lève, et je te bouscule …. » Mes journées commencent souvent par la nostalgie d’une époque musicale. Donc je me lève fatiguée d’avoir dormi entre 00H et 5h du mat’. Je remercie le ciel pour tout et sous la douche je me pose les questions existentielles de fille : Brushing ou cheveux frisés ? Rouge à lèvre ou gloss ? Total look noir ou pointe de couleur ? Avec ou sans accessoires la tenue ? Ensuite je vais au travail, travail ? Je vais plutôt écouter les potins de la veille en mode gossip, sans oublier de préparer le petit déjeuner pour le frère. Qui veut ma place ?

Dans votre livre “A la carte” sorti fin 2015, vous racontez des anecdotes sur ce qui se passe dans les salles de restaurants. Qu’est ce qui a été le plus difficile dans ce projet : Ecrire ? Convaincre un éditeur ? Promouvoir votre livre? 

Couv A la Carte - Mariame Dembele« A la carte » paru aux éditions Michalon (7.50€) est un livre qui se veut être amusant, léger et drôle. C’est un livre qui recense les perles non censurées de la restauration. Il est très aéré et facile à lire, entrez donc dans les coulisses des brasseries de luxe.

Le plus difficile n’a pas été de trouvé un éditeur et une illustratrice ; sans prétention je dirais que les choses se sont assemblées assez naturellement de ce côté. En revanche la promotion d’un livre est loin d’être comme on se l’idéalise ! C’est beaucoup de temps surtout lorsque l’on est sa propre attachée de presse.

  • « Allô, allô, allô !!! Oui c’est Mariame, vous savez la fille du livre… »
  • «  Mariame QUI ? » Bip bip bip

Faire la promotion d’un livre me semble être plus long que de l’écrire. MaY s’est chargée de la maquette et moi j’essaie de gérer la promo mais quelque chose me dis que je me suis faite avoir… « Appelez-moi le directeur !!! »

Quelle est l’anecdote qui vous a le plus marquée à ce jour ? Et pourquoi?

Un jour mon directeur me demande expressément d’aller prendre la commande de deux hommes d’une cinquantaine d’années, je m’exécute. Arrivée devant eux :

  • « Bonsoir messieurs »
  • « Bonsoir mademoiselle, quand je vous vois j’ai chaud ! »

Cette anecdote m’a énormément marquée car je débutais dans ce type d’établissements et je ne pensais pas que certains hommes pouvaient se  permettre ce genre de gougeâteries.

Avec votre expérience et votre statut de manager, est-ce que les clients sont toujours autant permissifs avec vous?

Plus du tout ! Je crois que le fantasme de la serveuse s’arrête à la serveuse ! Lorsque l’on est manager nous n’avons pas la même approche avec le client. Nous ne sommes pas obligé(e)s de sourire en permanence en nous demandant si on va avoir un pourboire à la fin par exemple.

Le poste de manager peut effrayer certains donc empêcher certains débordements de la part de ces messieurs.

Quel(s) conseil(s) pouvez-vous donner aux jeunes femmes qui souhaiteraient évoluer dans le secteur de la restauration de luxe, notamment vis à vis de la gestion des clients? 

Allez-y ! Jouez le jeu du brushing parfait mais attention aux débordements. Gérez les conflits en douceur et avec le sourire car le but est que le client revienne n’est-ce pas ?

Jusqu’à présent, quel a été l’accueil du livre, notamment au sein de votre entourage et peut-être des clients de la brasserie où vous travaillez? 

Le livre a reçu un très bon accueil de la part de mes collègues, également de la part de nos clients. Je l’ai un peu fait en sous- marins en mode incognito. Aujourd’hui certains clients dont un particulièrement, viennent vers moi avec plus de liberté en me disant « Mademoiselle, je peux vous dire quelque chose ? Vous pourrez la garder pour votre prochain livre ! ». Maintenant certains hommes sous couvert de m’aider se lâchent ! Sapristi !

Quels sont vos prochains défis ? Un second livre ? Ouvrir votre propre établissement? 

Merci de me poser la question.

J’ai été en Afrique il n’y a pas si longtemps et j’ai eu comme une révélation. L’Afrique c’est beau, il y à des gens très riches et très heureux; mais il y a également des enfants qui manquent de fournitures scolaires. Ces choses que nous pouvons nous de notre petite place leur offrir de manière très simple. Mon projet actuel est celui-ci : J’envoie des fournitures scolaires dans deux écoles de Bolibana au Mali, quartier populaire de Bamako. Si toi qui me lis tu souhaites offrir même 1 crayon, contacte-moi via Facebook, Twitter ou Instagram. Et si tu habites en région parisienne je me déplacerais récupérer ce que tu offres. C’est un micro projet, mais avec de petites choses nous avons le pouvoir de rendre un tas de personnes très heureuses. Départ de France via un conteneur tous les 3 mois. Contactez-moi !

Ouvrir un établissement ? OMG ! Non merci. Je préfère garder ma liberté de mouvement.

Merci pour vos réponses, souhaitez-vous faire un dernier commentaire?

Merci à vous, à toi. Merci à MaY l’illustratice du livre (mayFaitDesGribouillis.com), merci à ceux qui me suivent et à ceux qui me laissent les suivrent, on s’aime ! On est ensemble.  Hastag Love #LoveForever #MerciMerci à tous !  #LaFamille

La vie est belle, aidez, aimez-vous les uns les autres.