Fibrome utérin : l’importance de la prévention auprès de la femme noire

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Le fibrome utérin est une maladie dont on sait peu de choses alors que statistiquement parlant, elle frappe 1 femme sur 5. Chez la femme d’ascendance africaine, le risque de développer des fibromes est de 3 à 4 fois plus élevé que chez la femme caucasienne. De plus, chez la femme noire, les fibromes ont tendance à se développer plus tôt, à être plus volumineux ainsi que plus nombreux. Pourquoi ?

Selon Aïssatou Sidibé, Présidente et fondatrice de l’association Vivre100fibromes, les causes de cette maladie restent méconnues. « Est-ce un problème environnemental ou génétique? Actuellement, même les chercheurs qui s’intéressent à ce sujet n’arrivent pas à répondre à ces questions ».

Qu’est-ce qui explique ce phénomène? Selon un article sur les fibromes publié sur le site du Réseau québécois d’action pour la santé des femmes en 2018, la médecine réfère à des facteurs génétiques, alors que des études énoncent des facteurs sociaux : historique de discriminations et d’exclusions sociales, racistes et économiques, stress élevé.

Les femmes de 20 ans sont autant à risque que les femmes âgées de plus de 35 ans. De ce fait, il est important pour la femme noire de se faire diagnostiquer tôt, notamment en faisant une échographie pelvienne ou vaginale pour détecter la présence de fibromes dans l’utérus.

Signes à surveiller avant de consulter

Selon l’association Vivre100fibromes, les symptômes varient d’une femme à l’autre, toutefois il est recommandé de consulter un spécialiste si vous remarquez les symptômes suivants :

  • Des saignements abondants lors des règles et en dehors de celles-ci
  • De l’anémie
  • Une gêne digestive et du transit intestinal
  • Des envies d’uriner fréquentes et inhabituelles
  • Une sensation de lourdeur abdominale
  • Des douleurs pelviennes
  • Des douleurs lors des rapports sexuels
  • Gonflements du bas du ventre
  • Problèmes d’infertilité et de fausse couche

Malgré le mystère entourant les facteurs causant le développement de fibromes, certaines pistes permettent de nous orienter. Il est fortement suggéré de surveiller ces variantes qui peuvent contribuer à la croissance de fibromes:

  1. La prédisposition familiale (hérédité)
  2. L’obésité
  3. L’infertilité
  4. début des premières règles à un âge inférieur à 12 ans
  5. Nulliparité (pas d’enfant)
  6. Manque d’activité physique
  7. Grande consommation d’alcool
  8. Haut niveau de stress
  9. Âge entre 40 et 50 ans (peut être plus beaucoup plus tôt)

Que faire si vous avez des fibromes?

Une fois le diagnostic tombé, certaines précisions sont requises, afin d’obtenir une prise en charge efficace. Selon les conseils fournis sur le site Vivre100fibromes.ca, il est important que votre médecin vous dévoile la taille, la position et la quantité de fibromes que vous avez, (il n’est pas rare d’en avoir en avoir une dizaine ou plus). Plus leur taille est volumineuse plus la situation peut être problématique. Par exemple, un fibrome ayant la taille d’un melon ou d’une cantaloup peut être la source de symptômes extrêmement désagréables selon sa position.

L’association Vivre100fibromes qui a pour mission d’informer, de supporter et de guider les femmes atteintes de fibromes utérins, a collaboré avec la clinique de fertilité OVO afin de mettre en place une clinique sur les fibromes utérins. Cette clinique permet aux femmes d’obtenir des rendez-vous rapidement pour obtenir un traitement, lorsqu’elles ont été diagnostiquées.

Depuis sa création en décembre 2019, plus d’une cinquantaine de femmes ont pu obtenir des rendez-vous avec des gynécologues et ont obtenu des traitements adaptés à leurs besoins, affirme la Présidente de l’association Vivre100fibromes, Aïssatou Sidibé. Cette procédure permet d’avoir accès à une évaluation rapide et diminue l’errance médicale qui équivaut à une énorme perte de temps. La clinique étant fermée temporairement en raison de la crise de la Covid-19, il sera bientôt possible de prendre rendez-vous. Pour une consultation et en savoir plus, rendez-vous sur la page Vivre100fibromes.ca/demande-de-consultation/ .

L’ostéopathie, un traitement alternatif ou complémentaire

L’ostéopathie est un traitement holistique qui peut aider lui aussi à réduire la croissance et la taille du fibrome utérin, et surtout les symptômes pouvant accompagner la présence de fibromes.

Il peut s’agir d’une option permettant de réduire la taille de ses fibromes et d’éviter les effets secondaires pouvant accompagner la prise de médicaments. En effet, le site Reflex Ostéo, fait part d’une étude allemande ayant découvert lors d’échographies de patientes accompagnées par des ostéopathes, que la taille de leurs fibromes avait diminuée, et que leur croissance avait ralenti. Il est important de noter que le travail de l’ostéopathe est un accompagnement à celui du gynécologue. Il s’agit d’un traitement complémentaire qui permet de soulager certains symptômes.

Prendre soin de soi

Dans le traitement de toute maladie confondues, plusieurs études démontrent que la réduction des facteurs de stress ainsi que sa gestion, des relations sociales solides, et une bonne hygiène de vie, sont tous des facteurs qui influencent le taux de rétablissement de personnes atteintes.

Selon le Réseau québécois d’action pour la santé de la femme, développer une approche globale de la santé peut limiter la croissance des fibromes. Entre autres, une prise en charge de son mode de vie agit sur le bien-être général. Les recommandations du réseau sont les suivantes, diminution ou élimination :

  • du sucre raffiné
  • de la consommation de viande rouge
  • des produits laitiers, les fritures
  • de la consommation de café et d’alcool

Le réseau recommande aussi d’adopter une pratique relaxante, une pratique spirituelle ou qui vous guidera vers plus de conscience, telle que le yoga, le tai chi, la méditation, le Qi Gong et de consulter des spécialistes en médecine alternatives, telles que l’acupuncture, l’homéopathie, l’ostéopathie, naturopathie, massothérapie.

Traiter la sphère émotionnelle, c’est-à-dire, les conflits intérieurs, et les colères réprimées permettra d’atteindre la guérison à un autre niveau.

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