Jenny Brizard: “Je suis vraiment honorée d’être dans cette production et de jouer Angélique”

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Rencontre avec la comédienne et danseuse Jenny Brizard, actuellement sur scène dans la pièce Angélique de Lorna Gale, dans une mise en scène de Mike Payette.

Crédit Photo : Karin Benedict

Rencontre avec la comédienne et danseuse Jenny Brizard, actuellement sur scène dans la pièce Angélique de Lorena Gale, dans une mise en scène de Mike Payette.

Formée à l’école Randolph Academy for Performing Arts de Toronto, Jenny Brizard mène une carrière de danseuse et comédienne à temps plein depuis une dizaine d’années. Cette artiste montréalaise incarne sur scène depuis le 16 mars 2017, Angélique de Lorena Gale. Mise en scène par Mike Payette, cette co-production du Théâtre B.T.W. et le Théâtre Tableau d’hôte raconte l’histoire vraie de Marie-Josèphe Angélique, une esclave Noire canadienne.

Petit résumé de l’histoire d’Angélique : Marie-Josèphe Angélique a été vendue et troquée d’un maître à l’autre; pourtant, elle continuait d’espérer pouvoir un jour retrouver sa liberté. À l’été 1730, alors qu’elle avait 20 ans, Angélique mit le pied à Montréal, ville où ces rêves d’espoir, d’amour et ce sentiment de liberté étaient enfin à sa portée. Son espoir a toutefois été rapidement rattrapé par la dure réalité de la vie d’une esclave Noire en Nouvelle-France. Elle fût exécutée après qu’elle ait été accusée d’un crime pour lequel il n’existait aucune preuve.

Connaissiez-vous l’histoire d’Angélique avant de l’incarner sur scène ? 

Non! J’ai connu l’histoire d’Angélique quand j’ai auditionné pour la pièce et j’ai su que c’était une histoire vraie. A l’école on nous l’a jamais enseigné. On m’a appris que le Canada accueillait les esclaves à bras ouverts, que c’était la terre pour les sauver. On ne m’avait jamais dit qu’il y avait eu de l’esclavage au Canada !

Comment vous êtes-vous préparer pour jouer ce rôle ?

C’est sûr que j’ai fait des recherches pour savoir comment c’était ici dans les années 1700, comment les gens vivaient, la culture… On trouve quand même beaucoup d’informations sur ce qu’a vécu Angélique : les tortures, ce que les gens ont dit, ce qu’elle a dit… Mais rien sur qui elle était.

Donc pour me préparer, je me suis basée sur deux livres que j’ai lu: celui de Lorena Gale (la pièce que l’on fait) et The Hanging of Angélique de Afua Cooper. Avec ces informations, j’ai pu coller les bouts et commencer à bâtir un personnage qui, je pense, pourrait la représenter.

Mon but est d’être vraie par rapport à la personne, ses sentiments et au message que Lorena Gale voulait faire passer à travers sa pièce. Dans la pièce, elle donne beaucoup d’indices qui m’ont aidé à me faire une idée de qui était Angélique.

Vous incarnez aussi Angélique à l’écran dans le court métrage “C’est Moi”, c’est la même histoire ? 

Oui c’est encore l’histoire d’Angélique. Mais dans le court métrage (qui n’a pas de lien avec la production de la pièce de théâtre, ndlr), on montre comment l’histoire d’Angélique s’efface par rapport à Montréal. Ils sont en train de bâtir par dessus où il y avait un monument pour Marie-Josèphe Angélique. Alors on perd notre histoire, c’est donc important de raconter, de documenter pour le savoir, pour laisser une trace.

En terme d’opportunités à Montréal, qu’est ce que cela représente pour vous d’avoir obtenu ce rôle dans la pièce?

C’est sûr que Montréal n’est pas un gros marché pour la comédie tout comme pour la danse. Les opportunités pour les comédiennes sont rares, et encore plus pour les comédiennes noires. Je suis donc reconnaissante de pouvoir jouer dans cette pièce à ce stade de ma carrière !

Je suis vraiment honorée d’être dans cette production et de jouer Angélique, d’être une voix pour elle. C’était une femme tellement forte !

Son histoire est tellement importante, elle a tellement d’humanité. Et quand on voit que son histoire peut se répéter aujourd’hui, je me dis qu’on a encore du chemin à faire…

Comment s’est passée la première ? 

Je suis très contente des retours que j’ai eu ! Les gens qui sont venu me voir ont vraiment aimé la pièce, en fait la production en totalité. Ils n’ont pas parlé que des acteurs mais aussi de la mise en scène, la musique, le design… Ils étaient très impressionnés par le niveau de la production. Je suis très contente que la pièce ait été bien reçue et que les gens aient connu l’histoire d’Angélique.

Avez-vous des projets pour la suite ? 

Présentement, je me concentre sur Angélique. J’ai dis à mon agent que je n’étais pas disponible jusqu’au 2 avril car je ne voulais pas avoir d’autres projets à côté. Je me donne à 100% pour ce rôle!

Retrouvez Jenny Brizard sur scène dans le rôle d’Angélique jusqu’au 2 avril au Centre au Centre Segal des arts de la scène, 5170 Chemin de la Côte-Sainte-Catherine, Montréal. Pour en savoir plus au sujet de la production, visitez le www.blacktheatreworkshop.ca et www.tableaudhote.ca.

Propos recueillis par Neps